Note de la fic : Non notée

La_Memoire_dans_le_Coeur_


Par : Pseudo supprimé
Genre : Inconnu
Statut : C'est compliqué



Chapitre 1 : Réveil difficile


Publié le 19/08/2013 à 01:15:55 par Pseudo supprimé

Ce matin, ce n’était pas un lever du jour comme les autres, mes paupières se sont ouvertes avec beaucoup de difficulté, comme si le Soleil venait réveiller un mort qui reposait en paix depuis de longues années. Je n’avais pas la moindre idée de la date d’aujourd’hui, ni pourquoi je me trouvais dans ... un hôpital. Je me situais dans une chambre vide de monde et mon corps était relié à toutes sortes d’outils qui bipaient, mon rythme cardiaque je suppose, quant au reste je n’en savais rien. Je me demandais ce que je pouvais faire ici, ce qui m’était arrivé, depuis combien de temps je logeais ici sur ce lit bien peu confortable. Un silence de mort régnait dans les lieux, je devais être le dernier survivant d’une attaque terroriste, le pays était peut-être en guerre et j’avais combattu vaillamment avant de m’être pris une balle dans le crâne... Ou alors, j’attendais que le médecin à ma porte n’entre, l’air tout ravi et même émerveillé :



- Un miracle, un pur miracle, il est réveillé, venez, il s’est réveillé !


Donc là, c’était moi le médecin et lui l’autiste non ? Il n’avait jamais vu personne se réveiller d’une nuit Ô combien difficile, enfin qu’en savais-je, je ne me rappelais vraiment plus de rien, j’avais dû prendre une bonne cuite.


- Dites, il m’est arrivé quoi là ?
- Ah tu ne te souviens donc pas ?
- Ben non, j’ai fait quoi, j’ai mal ?
- Tu te réveilles d’une très très longue nuit !
- Quoi ? Genre combien d’heures ?
- Plusieurs milliers ... tu viens de te réveiller d’un coma de 2 ans !
Gné ? Un coma ? Un coma de 2 ans ? On ne pouvait pas me la faire à moi, mais en même temps, j’étais incapable de me souvenir de quoi que ce soit, alors j’allais essayer de comprendre.
- Dites, vous plaisantez ou pas ?
- Non David je ne plaisante pas !
- David ?
- Tu ne te souviens pas ?
- Je m’appelle... David ?
- Tu as tout oublié de ta vie ? De quoi te souviens-tu ?
- Euh, là, rien, j’ai l’impression d’avoir pris une énorme cuite, et de galérer le lendemain matin.
- Les effets sont variables lors d’une sortie de coma, l’amnésie en fait malheureusement partie ...
- Je suis entrain de rêver là je crois.
- Non, bienvenue dans le monde réel, je crois que tu vas devoir tout reprendre à zéro mon garçon.
- J’ai des amis ? Une famille ? On est dans quelle ville ?
- Nous sommes à Paris, quant au reste, je n’en sais rien, mon rôle était de te maintenir en vie et de suivre l’évolution de ta santé, je ne suis pas assistante sociale.
- Je peux sortir là ?
- Je te conseille de rester quelques jours de plus ici mais ...
- Mais j’ai déjà passé 2 ans sur ce lit, alors, où sont mes habits ?
- Tu n’en as plus, tu as grandi pendant ton coma, ils étaient sans doute devenus trop petits, tes parents ont dû les prendre.
- Donc j’ai des parents ?
- Je suppose, avant ils passaient mais moi je ne te suis que depuis 6 mois et je ne les ai jamais vus à ton chevet.
- Ils m’ont abandonné ? Eh oh, vous ne m’avez pas répondu, pourquoi j’étais dans le coma ?
- Tu as subi un violent traumatisme crânien, mais nous n’en connaissons pas la cause.
- C’est tout ?
- C’est tout ce qui a nous a été communiqué.
- Bon, je veux des fringues maintenant.


Le médecin se dirige vers le couloir et interpelle une jolie blonde :

- Infirmière, allez chercher des vêtements pour le jeune homme, XL je crois que ça conviendra.
- Tout de suite docteur.


Il la matait au passage, putain s’il était bi celui-là je me demande ce qu’il avait bien pu me faire pendant mon profond sommeil. Bref, elle m’amena un t-shirt vert kaki tout simple, un pantalon gris plutôt délavé, un caleçon à motifs géométriques, des chaussettes toutes blanches, un pull noir sans originalité, bref, c’est le butin du chien errant qui ressortait d’Emmaüs. Je saluais l’homme au stéthoscope, et je m’orientais vers le premier couloir. J’avais les jambes engourdies et tout le monde m’observait, comme si je revenais tout droit de la mort. Des regards étonnés se posaient sur moi, d’autres paraissaient tout bonnement émerveillés, ébahis. Je me réveillais vraiment d’un coma apparemment, personne ne pensait me revoir un jour en vie visiblement.



Néanmoins un gros problème se posait à moi : ma mémoire. Je n’avais aucun souvenir, là où j’habitais, mes amis, mes parents, aucun visage ne me revenait. Quels étaient mes goûts musicaux, avais-je des passions, étais-je sportif ou addictif aux jeux vidéo ? Rien ne me revenait, je m’étais purement et simplement inconnu. Mais je semblais avoir des aptitudes basiques, marcher, parler convenablement, je connaissais la politesse, mon cœur battait, mais qu’y avait-il à l’intérieur ? Une fille, un fardeau, tout simplement un gros blanc ? Rien ne transparaissait, tout était vide et je ne savais pas qui j’étais. Je me sentais triste et vulnérable alors que j’arrivais devant les portes de sortie de l’hôpital.



Le Soleil se couchait, et dans un chant lyrique poussé par l’automne et les feuilles mortes qui craquaient sous mes pas hésitants, un festival lumineux envahissait la capitale et éclairait même les mornes pavés qui demeuraient sur la chaussée. Cette éclat rougeâtre perçait ma rétine et me murmurait quelques secrets incertains, comme si les pendules se remettaient à 0 sur l’échelle du Temps, que tout recommençait, que ma vie était gommée pour faire de moi un nouvel être humain. Cependant cela paraissait bien simple de parler d’une nouvelle vie alors qu’on ignorait absolument tout de sa propre identité et de ce que le monde avait pu subir pendant 2 années complètes. Je pouvais simplement me faire une raison, « j’ai bien dormi », même très bien, et j’ai fait des rêves sensationnels mais comme chaque matin je ne m’en souvenais plus. Ou alors, je me faisais une autre raison : David, mais, qui es-tu, que t’est-il arrivé, quel garçon peux-tu bien être, quelle est ta raison de vivre et ... par où commencer ?


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