Note de la fic : :noel: :noel: :noel:

Siana


Par : -AtantoinE-
Genre : Sentimental
Statut : Terminée



Chapitre 5


Publié le 29/01/2010 à 19:57:15 par -AtantoinE-

V


Me croyant dans un rêve lointain, je me réveillais alors en sursaut en plein milieu du terrain vague. J’étais couché par terre, et le Soleil déjà haut dans le ciel me surprit. Ebloui, je refermais vivement les yeux en m’asseyant avec difficulté. Je tentais de les ouvrir à nouveau pour voir où était passée Siana. Mais j’étais complètement aveuglé. Je ne distinguais réellement plus rien. Un immense voile blanc, avec quelques zones de floue par endroit s’étendait face à moi… Rien d’autre. Je pensais que cet état ne serait que passager. Mais il dura, dura longtemps. Chaque seconde passée dans l’inconnue agrandissait ma peur, ma crainte la plus terrible. Je lâchais alors un cri désespéré :

-Siana !

Pas de réponse. J’appelais une nouvelle fois son prénom. Mais personne ne répondit. Alors je me levais vivement et faillit en perdre l’équilibre. Mes bras cherchaient vainement des appuis mais rien ne vint à leur rencontre. Lorsque soudain, une main douce et gracieuse vint interrompre ma frayeur.

-Je suis là…

Je n’en étais pas certain, mais je crus reconnaître Siana. Je me laissais guider par elle, par sa voix paisible et savoureuse à travers le terrain vague. J’étais complètement perdu, mais rien que le fait de me savoir en sa présence me rassérénait. Je devinais que la sortie venait d’être libérée et qu’il était temps d’en profiter. Il fallait faire vite, malgré ma difficulté à marcher. Mon imagination croyait qu’un trou profond ou un rocher pointu se dressait devant chacun de mes pas et qu’il fallait les éviter tous pour pouvoir avancer… Ça y est. Je commençais à garder un bon rythme et me déplaçais normalement.


Mais c’est alors que je sentis une affreuse sensation. Ses doigts glissèrent peu à peu, jusqu’à ce qu’elle retire sa main que je tenais pourtant fermement. Je ne saurais dire pourquoi, mais je m’y attendais. Voilà, nos mains venaient d’être déliées et j’étais à nouveau perdu. Je crus deviner le délicieux parfum qui courait sur son sillage. Alors je le suivis. Mais lui aussi se dissipa au bout de quelques secondes. Dans le doute, je continuais tout droit. Il ne fallait pas que je dévie de la direction dans laquelle j’allais. Si je me trompais, je serais alors tout à fait perdu. Si je tombais, c’en serait fini. J’essayais bien de capter le moindre son, la moindre voix, le moindre appel. Mais je n’entendais rien. Rien qu’un bourdonnement sonore qui souillait mes oreilles et me perdait un peu plus à chaque instant.

-Siana !

Cette fois, je m’étais stoppé net. J’attendis longtemps un souffle, un murmure, un soupir… Mais aucune réponse ne se fit entendre. Rien. Alors je perdis espoir et une petite pierre échouée sur le sol eut raison des quelques résidus de conviction qui me restaient. Je ne la voyais plus, ne l’entendais plus, ne la sentais plus, avais perdu sa main… Je n’avais plus rien. J’étais soudainement devenu misérable, sans ressources, ni espoir. Errer était devenu inutile, et au-delà même du fait que j’avais perdu la vue, c’était les autres sens incapables de me rappeler Siana, toutes ces soudaines pertes réunies qui faisaient que je n’étais plus qu’une épave.


J’avançais lentement, à quatre pattes, à terre, dans un sens, hésitais, puis dans l’autre, en tâtant avidement ce qui se trouvait sur le sol. Ici, une bouteille en verre brisée ; là, un rocher sale et tranchant. Je retirais vivement mes mains à chaque fois que je tombais là-dessus. Et je les devinais en sang. A genoux, je levais mes yeux vides vers le ciel et voulu pleurer. Mais j’étais aussi sec que la pierre. Alors je me relevais péniblement. Et une fois encore, quelques pas suffirent pour que je trébuche sur un nouveau débris. Cette chute fut la dernière. Ma tête heurta une surface plus dure et je fus complètement sonné. Allongé de tout mon long par terre, en sang, je m’évanouis lentement.




Juste avant de perdre connaissance, dans la dernière seconde où j’avais encore ma conscience, je crus cependant avoir entendu un murmure flou et lointain. Presque incertain. Malgré ma frayeur, mon esprit était demeuré en alerte. Et il aurait fallu guetter ces mots pour les entendre. Mais enfin susurrement parvint à mon oreille avant que je ne m’évanouisse complètement :


‘‘Nani nana’’


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